Chez ETTIC, plateforme d’intérim social et solidaire en Pays de Loire, on recrute régulièrement des AES (Accompagnant(e) Educatif(ve) et Social(e)) pour nos associations membres !

Le métier d’AES est riche, varié et profondément humain ! Focus sur ce métier aux nombreux débouchés pourtant trop méconnu et interview de Christelle Bordeau, AES.

AES : quelles missions ?

L’accompagnant(e) éducatif(ve) et social(e) (AES) a différentes missions rentrant dans une mission globale d’accompagnement de proximité des personnes en difficulté.

Cela peut consiste par exemple à réaliser des interventions sociales auprès de ces personnes au quotidien afin de les aider lorsqu’elles manquent d’autonomie. Le manque d’autonomie compensé par l’accompagnement peut être de différentes origines et natures et prend en compte l’âge, les maladies, le mode de vie ainsi que toutes les vulnérabilités. L’AES va pouvoir accompagner les personnes qui en ressentent le besoin et leur permettre de regagner en autonomie et en libertés pour une vie quotidienne facilitée.

Les interventions de l’AES contribuent à l’épanouissement de la personne à son domicile, en structure et dans le cadre scolaire et social.

Dans quelles conditions s’exerce le métier d’AES ?

Le métier d’AES peut s’exercer dans différentes conditions et infrastructures en fonction de la spécialité que l’AES aura choisie.

Quels sont les employeur(se)s des AES ?

  • Les associations d’aide à domicile
  • Les centres communaux d’action sociale (CCAS)
  • Le secteur associatif
  • Les communes
  • Les entreprises privées
  • L’Éducation nationale (pour la spécialité « éducation inclusive »)
  • Les structures d’accueil de la petite enfance…
https://solidarites-sante.gouv.fr/metiers-et-concours/les-metiers-du-travail-social/les-fiches-metiers-du-travail-social/article/accompagnant-educatif-et-social-aes
Plus d’informations ici.

Quel est le salaire d’un(e) AES ?

Le salaire des AES varie en fonction de l’expérience et du lieu de travail. Il va de 1500 euros par mois (débutant(e)) à 2200 euros par mois, en fonction de la convention collective appliquée.

Comment devenir AES ?

Le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) – qui a fusionné les diplômes d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et d’aide médico-psychologique (DEAMP) – est une certification de niveau V.

La formation est organisée sur une durée de neuf à 24 mois. Elle comporte 504 heures d’enseignement théorique (avec un socle commun et des spécialités) et 840 heures de formation pratique.

Trois spécialités sont proposées :

  • l’accompagnement de la vie à domicile ;
  • l’accompagnement de la vie en structure collective ;
  • l’accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire (école).

Des passerelles sont prévues entre les spécialités. En effet, une fois le DEAES obtenu au titre de l’une des trois spécialités, il est possible d’acquérir les autres spécialités par la voie de la formation continue. Aucun diplôme n’est exigé pour préparer le DEAES, mais l’entrée en formation est conditionnée à la réussite des épreuves écrites et orales d’admission des établissements de formation.

Les titulaires du DEAVS sont automatiquement titulaires du DEAES spécialité « vie à domicile ». Ceux qui possèdent le DEAMP sont eux automatiquement titulaires du DEAES spécialité « vie en structure collective ».

Des dispenses et des allègements de certification du socle commun sont prévues pour les titulaires d’un diplôme de niveau V du secteur social ou sanitaire (diplôme d’État d’aide-soignant, diplôme d’État d’auxiliaire de puéricultrice, diplôme d’Etat d’assistant familial, etc.) souhaitant obtenir le DEAES.

La formation est accessible en formation initiale, en cours d’emploi, en apprentissage ou en contrat de professionnalisation ou dans le cadre de la VAE.

Interview de Christelle Bordeau, aide médico-psychologique

Pourquoi avoir choisi le métier d’AES ?


Suite à un bilan de compétence, c’est un des métiers auquel j’avais déjà pensé qui s’est
révélé correspondre à une reprise d’étude en présentiel pouvant être financée (Fongécif)

Quel est votre parcours ?

Baccalauréat général option langues-musique en poche, j’entre dans la vie active en
effectuant divers boulots (contrats aidées en école primaire et collège notamment) et
chantiers de fouilles archéologiques comme bénévole. Cela va durer près de 4 ans.

Après 2 ans de parenthèse sans activités professionnelles suite à la naissance de mon
premier fils, je vais ensuite travailler pendant 17 ans auprès d’un public en difficuté sociale
et professionnelle (5 ans en milieu rural au sein d’une collectivité de communes puis 12
ans au sein d’une association d’insertion par l’actvité économique, en milieu urbain).

Arrivée un peu par hasard à exercer ce métier de conseiller en insertion, j’ai beaucoup
aimer bien que je ne l’avais pas choisi initialement. On était venu me chercher et j’avais
refusé en première instance, convaincue que je ne saurais pas faire puisque moi-même
j’avais du mal à trouver ma voie. Durant cette période, j’ai multiplié les formations par
correspondance et en cours du soir (BTS ESF et langues des signes notamment)


L’association Loi 1901 dans laquelle je travaillais ayant été reprise par une entreprise
privée dont les objectifs lucratifs ne correspondaient plus à mon éthique, j’ai choisi de me
reconvertir et suis partie en formation AMP.

Qu’est-ce qui vous plait dans le métier d’AES et quelles sont vos missions au quotidien ?


C’est la notion d’accompagnement, fil conducteur de ma vie professionnelle qui me plaît
avant tout. Permettre à la personne accompagnée, la plupart du temps victime d’un ou de
plusieurs déficits (physique, mental, ….) au mieux d’acquérir, de conserver, voire retrouver
ou tout simplement maintenir au maximum une certaine autonomie, et ce, toujours dans le
respect de sa dignité. Dans l’idéal, le but étant de se sentir appartenir à sa société de
référence à part entière, en mode inclusif selon la formule consacrée, c’est à dire en y
participant d’une façon ou d’une autre.


Mes missions se résument à guider, interagir sans se substituer dans la mesure du
possible. Etre « béquille » autant que nécessaire, dans le respect et la bienveillance. Aider à
faire face et pallier aux déficits moteurs et/ou mentaux, par tout moyen mobilisable
(matériel, cognitif, psychologique, …) pour que la personne accompagnée, en tant
qu’actrice de sa propre vie, puisse s’approprier, s’imprégner de ce qui peut lui être
proposé, une intégration sociale au sens le plus large. Cela passe par les loisirs, la
culture, le sport, la santé, les relations avec les familles, les différents partenaires
professionnels,…, et cela suppose aussi une part d’éducatif dans certains cas et certaines
situations.


J’aime mon métier et au cours de ces dernières années, j’ai passé une licence sciences
humaines option psychologie, en distanciel, afin de parfaire mes connaissances et de
l’exercer au mieux, et aussi pour ma propre estime.

(Je suis convaincue qu’on ne choisi pas d’accompagner ou d’aider par hasard, que cela
corresponde inconsciemment à de bonnes, ou de mauvaises raisons parfois
malheureusement ; tant il est vrai que c’est un métier de « pouvoir » puisque la plupart des
personnes accompagnées sont vulnérables.)

Quelles sont les difficultés du métier ?


Si l’on est patient, ouvert, calme, curieux, résistant physiquement comme moralement, si
on accepte l’agressivité, si on accepte les horaires atypiques et des amplitudes horaires
particulières, le travail de week-end, et enfin si l’on a choisi ce métier par envie et non par
défaut, il n’y a pas de difficultés majeures selon moi.
Cependant, de mon expérience, je veux dire ce que je retiens aujourd’hui : la confrontation
de l’idéal et du réel, du monde lucratif et de ses exigences, le manque de connaissances
du terrain des financeurs, les abus des groupes privés et leurs dérives (EHPAD
notamment) consistant à toujours vouloir gagner plus au détriment des usagers comme
des professionnels, le manque de moyens humains mènent à de la maltraitance
institutionnelle, et à l’usure professionnelle avec tout ce que cela engendre à tous les
niveaux.

Quel a été votre usage d’ETTIC dans le cadre votre métier ?


Démissionnaire à mon arrivée à ETTIC, à la limite du burn-out (c’est à la mode, mais je
crois réellement que j’y étais : j’ai 53 ans et durant mon parcours professionnel, je ne me
suis arrêtée que 2 jours suite à une opération sous anesthésie générale, c’est dire que je
résiste le plus que je peux), je pense que je n’avais peut-être pas le profil le plus rassurant
qui soit, en tout cas pas le plus vendeur sans doute.


Grâce à ETTIC, en l’occurence en la personne de Gwënalle Roiné, j’ai pu avoir des
missions en rapport avec mes souhaits professionnels, reprendre confiance et retrouver
du sens, renouer avec les valeurs qui m’avaient conduite à ma reconversion un peu plus
de 8 ans plus tôt.


Elle a su m’écouter, répondre à ma demande. Je pensais alors ne plus être capable de
travailler à temps plein tant je me sentais vide, ce en quoi j’avais tort, mais voilà… Dès le
départ, j’ai pu bénéficier de missions à quasiment temps plein (J’ai complèté avec des
CDD de quelques heures avec un autre employeur) et ce jusqu’à mon départ en juin
dernier pour un CDI .


Au terme d’un an expérience sur deux sites différents auprès d’un public d’adultes
déficients mentaux, c’est grâce à ces expériences que j’ai pu postuler pour le poste d’AMP (aide médico-psychologique) dans lequel je m’épanouis totalement aujourd’hui.

https://solidarites-sante.gouv.fr/metiers-et-concours/les-metiers-du-travail-social/les-fiches-metiers-du-travail-social/article/accompagnant-educatif-et-social-aes